[Presse] Les clés du «crowdfunding» horloger – Le temps

Les clés du «crowdfunding» horloger

Pas une semaine ne passe sans son lot de marques horlogères qui se lancent par financement participatif. Une révolution est-elle en cours? Quelles sont les clés de la réussite? Quels sont les enseignements de ceux qui ont échoué? Décryptage

Il y a peu, créer une marque horlogère nécessitait des fonds monumentaux, un solide réseau pour la distribution et une cohorte de journalistes bienveillants pour assurer la communication. Depuis 2017, 85 marques de montres suisses se sont lancées à moindres coûts sur Kickstarter, plateforme où l’aficionado horloger cofinance une nouvelle marque en achetant le garde-temps sans même l’avoir eu entre les mains ou avoir mis les pieds dans la moindre boutique. Le succès est-il toujours assuré? Assiste-t-on à la naissance d’un nouveau circuit de distribution?

L’exemple de Klokers, l’une des grandes réussites du crowdfunding, avec sa levée de plus de 600 000 euros en 2015, est édifiant. Frédéric Martin, directeur marketing et communication de la marque, explique: «Klokers est un concept fort, inspiré des règles à calcul des années 1970. Un design innovant avec une lecture atypique de l’heure et un écosystème propre d’accessoires.» Voilà une clé de son succès. Mais le design est-il suffisant? Pour Eric Giroud, designer horloger émérite, «le design horloger est changeant. Après des années un peu folles, on revient à plus de mesure mais cela tue un peu la créativité.» A son goût, le design actuel est très restreint et n’explique donc pas les réussites du financement participatif: «On voit très peu de réel concept horloger. Dans notre monde de consommation rapide, le buzz de la nouveauté remplace la nouveauté.»

La clé, susciter l’intérêt avant le lancement

«Un mauvais design ne marchera certes pas, mais un design moyen avec une bonne communication si», tempère Claudio d’Amore, designer horloger et cofondateur de CODE41 (ex-Goldgena), lancée sur Kickstarter en 2016. La réussite d’une campagne de crowdfunding se construit en réalité bien en amont. Ainsi, CODE41 avait commencé à créer le buzz dans la communauté horlogère neuf mois avant l’entrée sur le marché en annonçant la création d’une marque où la transparence totale des origines [TTO, ndlr] et des coûts serait la base de tout. Une petite révolution dans le monde horloger. Le jeune patron lausannois insiste: «La clé est de susciter l’intérêt, de le faire grandir, d’impliquer les gens: la communication est primordiale!» Frédéric, de Klokers, le rejoint: «Tout se joue lors de la phase de préparation: construire une offre cohérente en matière de prix, de produit, de présentation, constituer une base de données de prospects, créer son réseau, informer, être relayé par la presse spécialisée, savoir teaser au bon moment…»

Lire la suite 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *